Cycle De L'écrit à l'écran - hiver 2008

   DE L’ÉCRIT À L’ÉCRAN

Le cinéma n’en finit pas de piller la littérature romanesque. Le dernier exemple notoire en date, c’est l’adaptation par Claude Miller du best-seller de Philippe Grimbert, Un secret. Succès redoublé, qui s’ajoute aux exemples où le texte d’origine et le film ont su trouver chacun leur ton, leur rythme et leur public. C’est ce type de faux duplicata (mais de vraies réussites) que le Café littéraire et l’Écran magique, pour la troisième fois de connivence, ont choisi d’explorer et de comparer au cours du premier trimestre 2008, en reprenant la même cadence et la même alternance que l’an dernier : deux livres avant les films correspondants et un feu d’artifice final avec projection le jeudi et discussion du roman le lendemain, vendredi. Et en prime, une séance du Café littéraire proposant l’analyse de deux ou trois extraits de La Ronde. De bonnes soirées hivernales de lecture et de visionnement en perspective.

Le Couperet.
Jeudi 28 février 2008
Constantin Costa Gavras. France. 2004. 2 h 02
D’après The Ax de Donald WestlakeAvec José Garcia, Karin Viard, Ulrich Tukur, Olivier Gourmet, Thierry Hancisse, Yolande Moreau.

Un cadre supérieur au chômage - et aux abois - imagine et réalise un projet macabre : éliminer physiquement tous ses concurrents pour s’emparer d’un poste convoité. Chaque meurtre accompli est à la fois un soulagement et une douleur morale. Mais rien ne l’arrête.

Un livre, un film : deux réussites. Des Etats-Unis à la France : une même histoire ! Fidèle au roman de Donald Westlake, Costa-Gavras a gardé la forme du thriller pour conter cette fable aux accents réalistes, qui fait écho à l'actualité économique la plus brûlante : restructuration, licenciements, recherche d’emploi, famille qui souffre, bref le modèle ultra-libéral. Un constat terrible et fascinant, qui soulève nombre de questions auxquelles le roman et le film apportent les réponses les plus « tranchantes ».

Le roman sera préalablement discuté au Café littéraire le vendredi 25 janvier

      

 

 

La Ronde.
Jeudi 13 mars 2008
Max Ophuls. France. 1950. 1 h 30.
D’après Reigen (1896) d’Arthur Schnitzler.
Avec Danielle Darrieux, Anton Walbrook, Serge Reggiani, Simone Signoret, Odette Joyeux, Daniel Gélin, Fernand Gravey, Jean-Louis Barrault, Isa Miranda, Gérard Philipe.

Le film nous entraîne, sous la conduite d'une sorte de meneur de jeu et maître de cérémonie, dans une ronde tantôt coquine tantôt sentimentale. Passant de l'un à l'autre pour revenir au premier, elle nous fait rencontrer onze personnages de tous milieux et de toutes conditions : prostituée, soldat, domestique, fils de famille, femme mariée, son mari, grisette, poète, comédienne, aristocrate, etc.

Mais ce qui pourrait passer pour un simple catalogue de polissonneries sur fond de valses viennoises se révèle en réalité « un film sans lieu défini, hors de l'espace et du temps : à partir de l'atmosphère d'autrefois, de la sociologie fin de siècle, il vise l'éternel humain... Une élégie élégante. Une critique en habit de société. Un petit théâtre mondial viennois. »Süddeutsche Zeitung 23 novembre 1950

Le roman sera préalablement discuté au Café littéraire le vendredi 29 février

      


L’Immeuble Yacoubian /
Omaret Yacoubian.
Jeudi 27 mars 2008
Marwan Hamed. Égypte. 2005. 2 h 52
D’après le roman homonyme d’Alaa’ Al-Aswani

En raison de la longueur du film, la scéance commencera exeptionnellement à 20h.

Tiré d'un roman à succès, L'Immeuble Yacoubian raconte l'histoire d'un immeuble mythique du Caire, construit en 1930, vestige d’une splendeur révolue. C’est l’occasion de faire défiler la société égyptienne de ces cinquante dernières années, entre la fin du règne du roi Farouk et l'arrivée des Frères Musulmans au pouvoir. À travers les chemins des habitants qui s’y croisent, se dessine un portrait sans fard de l’Egypte moderne, où se mêlent corruption politique, montée de l’islamisme, fracture sociale, absence de liberté sexuelle et nostalgie du passé : le portrait d’une société complexe et colorée, surprenante et attachante. En toile de fond s’inscrit une question lancinante : « comment est-on passé d'une société dite moderne et ouverte d'esprit à une société souvent décrite comme intolérante ? »

Le roman sera préalablement discuté au Café littéraire le vendredi 28 mars 2008

      

 

 

Toutes les projections ont lieu au cinéma le Forum à Orange (84) à 20h30.

 

 

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Dernière mise à jour de cette page le 09/02/2008

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